Critique de Laurie Colwin

pour "Rien que du bonheur"

 

Laurie Colwin est une auteure américaine, new-yorkaise pour être précise, née en 1944, et malheureusement décédée en 1992.Artisite multi-facette, elle fut aussi très prolifique, mais ne sera traduit en France que bien après sa mort.

Son ouvrage "Rien que du bonheur", édité par "le livre de poche" édition AUTREMENT, et traduit par Laurent Bury, est un recueil de huit nouvelles fraîches et enlevées. Modernes, les petites histoires se lisent d'un seul trait, et sans que le lecteur ne se rende compte qu'en fait, elles ont été écrites, il y presque trente ans. Elles mettent en scène des couples, gâtés par la vie, membres de la bourgeoisie new-yorkaise, arrivée, et n'ayant plus rien à prouver.

Malgré la douceur de la forme, ce recueil est une critique sans concession des petits et gros travers, de cette bourgeoisie, si sûre d'elle.Décrivant pour la plupart des histoires de couples (hétérosexuels seulement malheureusement), et ce avec beaucoup d'humour, il s'agit d'une bonne étude de moeurs, et de la vie à deux, des petites mesquineries aux petites méchancetés entre amants, ou mari et femme, de la difficulté d'aimer, et d'oser le dire.

Le recueil parle aussi des concessions dans le couple, des compromis, ou parfois des sacrifices, que chacun ou un seul peut être amené à faire...

La vanité, la vanité de la bourgeoisie qui se croit supérieure y est dénoncée.

Au fond, malgré la complicité et la tendresse apparentes de l'auteure envers ses personnages, la critique de ce qu'ils sont est acerbe !

Petite présentation des nouvelles :

  • La séquence du spectateur : un homme séparé de sa femme découvre avec liberté (enfin) les joies de la télévision, et de l'adultère.
  • Les ragondins : la crise d'angoisse d'un homme mené à la quasi-folie par des ragondins, qui n'en demandaient pas tant.
  • Rien que du bonheur : un homme abandonné par sa femme voit celle-ci revenir sans mot dire et reprendre sa vie de couple comme si de rien n'était, et se met à prénommer les objets du nom de celui qu'il imagine être l'amant de sa femme. Cette nouvelle est ma préférée.
  • L'homme qui se jeta à l'eau : l'histoire d'un homme, héros d'adolescents, et de sa mort brutale.
  • quelque part en Indiana : une femme sacrifie tout pour l'amour d'un homme. Un jour, le ras-le-bol la gagne.
  • La femme la plus intelligente d'Amérique : la vanité et la prétention d'une femme atteinte d'un complexe de supériorité.
  • Imelda : une domestique hispanique passe comme une étoile filante dans la vie d'une famille bourgeoise, mais la fille de la famille s'intéresse à elle.
  • Des enfants, des chiens et des hommes désespérés : une femme se fait draguer

Toutes ces histoires sont très intéressantes, et vous permettront de découvrir un auteur décédé beaucoup trop tôt.

Make a Free Website with Yola.